21 février 2018: Célébration de la Journée Internationale de la langue maternelle à Kinshasa

Le 21 février de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de la langue maternelle A Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, c’est au Centre Wallonie-Bruxelles, que cette date a été commémorée. Cette journée a été aussi l’occasion pour le Centre Wallonie-Bruxelles, de présenter les nouveaux ouvrages des Editions Mabiki, écrits en langues nationales congolaises. « La francophonie n’est pas la défense idiote du français. C’est la défense de chacun avec son identité » a déclaré en mots d’ouverture Kathryn Brahy. En effet, pour la Déléguée générale Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, les langues nationales doivent être connues et défendues. Tout doit être fait pour protéger et promouvoir les langues qui constituent la richesse de la RDC a-t-elle ajouté. La célébration de la journée du 21 février 2018 a connu plusieurs volets. Tour à tour, le Délégué Général à la Francophonie RDC, le représentant de l’Unesco en RDC, Monsieur Abdourahamane Diallo et madame Astrid Madiya, ministre congolaise de la culture et art se sont succédé. L’importance de la promotion de nos langues nationales et de l’éducation multilingue, la défense de la diversité linguistique et culturelle ont constitué l’essentiel de leurs communications. « La littérature en langues congolaises est promise à un bel avenir » a déclaré par la suite le professeur Maalu-Bungi. Lors de ce second tour de table, ce professeur a brossé les causes du retard de la littérature en langues congolaises : l’indifférence générale face à nos langues, le manque de promotion de nos langues, l’absence de structure consacrée à la production et à la promotion des langues congolaises. Il a terminé sa présentation par l’historique de la littérature en langues congolaises. Prenant la parole, le professeur Mukash Kalel a tenu à apporter la nuance entre deux concepts souvent confondus: le plurilinguisme et le multilinguisme* . Pour lui, le multilinguisme est à promouvoir. Il a par ailleurs souligné le danger qui guette nos langues locales : si rien n’est fait, elles sont appelées à disparaitre. 5 ouvrages ont été portés sur les fonts baptismaux en cette Journée Internationale de la langue maternelle. Il s’agit de 4 romans : Basalela Babwaka de Bienvenu Sene Mongaba ;Okozonga maboko pamba de Richard Ali ;Buka lelo, lia lelo écrit par Jean-Claude Nzuzi ;Bolingo eza na bozoba, œuvre de Christian Gombo et un recueil de poème, Kanyingèèlà de Kapajika Kamudimba, transcrits et traduits en français par le professeur Crispin Maalu-Bungi. Pour Bienvenu Sene Mongaba, responsable des Editions Mabiki, « Minoko na biso nde ekotombola mboka na biso** ». L’ambition de sa maison, a-t-il ajouté, est de publier encore plus des œuvres écrites en langues nationales. Deux témoignages ont conclu cette activité littéraire : celui du professeur Bertin Makolo Muswaswa, et celui du professeur Charles Djungu Simba, l’éditeur-gérant des Editions du Pangolin. « Je suis né dans le Katanga,.A ma naissance, je parlais Swahili. Quand nous nous sommes installés avec nos parents à Bakwanga dans le Kasai, j’ai appris à parler tshiluba. Pendant mes études en Europe, j’ai écrit mon poème en tshiluba » a partagé le professeur Makolo. « Je m’amuse avec nos langues » a, quant à lui, taquiné le professeur Djungu Simba, « Les langues sont pour moi une richesse, une richesse dans laquelle je me permets de creuser et de puiser. Je me considère comme un plurilingue. » C’est en 1999, que la Conférence générale de l’UNESCO a adopté une résolution recommandant des mesures pour promouvoir le multilinguisme. Un an plus tard, la Journée Internationale de la langue maternelle a été célébrée pour la première fois.

*Le plurilinguisme est la capacité d'un individu de s'exprimer dans plusieurs langues tandisque que le multilinguisme est l'état d'un pays où on enseigne multiple langues dans un même territoire.

** Ce sont nos langues qui vont valoriser notre pays

Prince Djungu


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