Les auteurs des « nouvelles » réunies dans ce volume sont des jeunes élèves de Masina, l’une des communes périphériques et, disons-le sans ambages, pauvres de l’immense Kinshasa. Nous avons tenu à publier leurs textes en l’état où ils ont été sélectionnés, à l’issue d’un concours littéraire organisé dans le cadre du « Festival Banda »1.

Dans le Congo démocratique d’aujourd’hui, nul ne peut prédire ce que ces jeunes élèves deviendront demain. Même si les conditions difficiles dans lesquelles ils vivent et étudient ne sont guère différentes de celles que des milliers d’autres enfants congolais ont connues avant eux et connaissent aujourd’hui. On pourrait toutefois se risquer de miser gros sur leur parcours...
Ce qui a retenu notre attention et nous a persuadé à publier ce recueil, c’est la spontanéité avec laquelle ils s’expriment, à tel point que leurs récits apparaissent comme de véritables kaléidoscopes des aspirations et des réalités congolaises. Ils écrivent en français, la langue dans laquelle les enseignements leur sont dispensés. Comme d’autres, ils éprouvaient déjà, sans doute, de la fierté à parler cette langue qui les soustrait de la masse des analphabètes, généralement assimilés, à tort ou à raison, à des  ignorants. En signant aujourd’hui des textes remarqués, primés, assurément que l’aiguillon de l’excellence va les pousser à aller de l’avant, en même temps que les habite un fort sentiment de distinction. Pour combien de temps ?
On dit habituellementque   «la réalité dépasse la fiction» lorsque les faits sont à la limite de la folie ou du rêve.Les différents récits de ce recueil déroutent quelque peu parce qu’ils
sont à la fois réalité et fiction, fiction et réalité.Ce sont des
portrait et  des  récits de vie,au quotidien,des personnages
généralement«secondaires», «figurants», dans le tourbillon et le kaléidoscope des villes:population«trottante»de
gens«d’en-bas-en-bas», d’enfants de rue(«shégués»)ou
de prostituées(«londonniennes»);population«assise»de
cambistes au noir(«bongolateurs") ou de trafiquants d’essence frelatée («kaddhafis»);population«mouve»(mouvementée)d’«ambianceurs»familiers des lieux souterrains de
jouissance suspecte;population«en-haut-d’en-haut»de politiciens caméléons.Tout cela dans un sociodrame sulfureux,
envahissant ,vertigineux. Tout cela traduit dans l’écriture de
l’auteur sous forme à la fois de tragédie, de satire,d’élégie,
comme «bisonji bia bakaji»,comme autant de«larmes de
femmes»inconsolées,inconsolables…
Enquiquineur, comme il se qualifie lui-même, OyoMboka-ya-Papa se meut dans un pays imaginaire qui s’appelle Mboka-ya-Papa. Il est mû par le désir insatiable d’observer tout ce qui était arrivé dans son pays, ce qui s’y passe et ce qui s’y passera. Il visite presque tous les coins et les recoins de la nation. Aucune couche sociale n’échappe à son œil inquisiteur. Le passé lui a révélé bien des phénomènes inadmissibles : des personnages agissaient comme s’ils étaient envoûtés par des forces
invisibles maléfiques. Le présent met sous ses yeux des personnages qui ne savent pas respecter la parole donnée. La misère est indescriptible à telle enseigne que Mbokaya-Papa se demande s’ils ne feraient pas bien de vendre la nation, de se partager le produit de la vente et d’aller vivre
comme apatrides dans des nations où les papas nationaux seraient un tout petit peu conscients de leurs responsabilités
Ces poèmes sont tous des poèmes d’amour. Surtout ceux qui ne
paient pas de mine. L’amour en jets divers. Enrobé des fleurs comme on le rêve souvent. Empêtré
de boues comme il nous salit parfois. Couverte de sang, comme il nous tue, hélas, quelques
fois.Il a tous les visages. Celui des amants. Celui de ceux qui disent leur passion au bout dufusil. Celui de ceux qui pleurent la mère patrie. Celui de la petite fille partie trop tôt. Celui de l’histoire qui bégaie.Celui de la pute qui régale. Bref, c’est l’amour qui ressemble à la vie
« Le Mont de la Lune, c’est la chaîne qui culmine à cinq mille cent neuf mètres à l’est de notre pays, entre deux pays où sévissent des guerres depuis que les indépendances furent proclamées en Afrique. Guerres dites de libération ; on se demande qui libère qui et contre quoi : les libérateurs d’hier se transforment souvent en despotes d’aujourd’hui et trouvent leurs opposants qui deviennent des régimes à stabilités instables… Des anciens compagnons qui se brouillent, à cause de postes et strapontins mal répartis… Le Mont de la Lune, c’est cette chaîne de montagne dite Lwanzururu en langue locale – devenue Rwenzori à la suite d’une déformation due à la traduction des linguistes allochtones. Lwanzururu, c’est le mont où la neige est éternellement présente sur le pic surnommé Marguerite pour honorer la reine de la métropole de l’un des pays qui convoqua la réunion où furent divisés artificiellement des royaumes et des tribus… Du côté ouest du Mont de la Lune et aux pieds de celui-ci, s’étire un joli village. C’est Lumé, arrosé par la rivière éponyme qui dévale cinq mille cent neuf mètres. Lumé vit au rythme du vent et de la pluie, au rythme d’un climat versatile, capricieux, tantôt inondé par les crues de sa rivière, en plein soleil, tantôt couverte de neiges qui finissent par se transformer en torrent déracinant arbres, bananiers, plantes, cases, cultivateurs, cultivatrices, lessiveuses, bergers et bêtes… »
La réflexion engagée autour du binôme « psychologie et disciplines connexes » se veut enrichissante et indique que l’importance de l’interdisciplinarité se passe de tout commentaire. 
En effet, nous sommes parti de considérations générales pour clarifier les concepts de base ainsi que les éléments théoriques sous-jacents conduisant à saisir les objectifs spécifiques des variantes psychologiques opposés à la psychologie générale d’une part et à ceux des disciplines connexes d’autre part.
Ce faisant, nous avons, et pour besoin de la cause, observé l’itinéraire devant nous amener au port désiré : psychologie et son évolution constitue le premier chapitre ; unités de services psychologiques, deuxième chapitre ; le troisième chapitre repose sur quelques disciplines connexes et le quatrième et dernier aborde les cas illustratifs.
Nancy, une jeune congolaise âgée de 32 ans, décide de passer deux mois en Afrique du Sud pour retrouver son frère, Fabrice, dont la famille est sans nouvelles depuis des mois.
Fabrice s’était rendu à Johannesburg afin de pouvoir rejoindre l’Europe comme deux de ses amis. 
Cependant, quelques mois plus tard, il ne donne plus aucune nouvelle à sa famille restée à Kinshasa, notamment sa mère, qui morte d’inquiétudes suite aux nouvelles sur les attaques xénophobes qui secouent le pays, a connu un accident cardio vasculaire.
Nancy, voyant sa mère de plus en plus affaiblie par la maladie, décide d’aller à la recherche de son frère et trouver ainsi des réponses : Est-il toujours vivant ? Si oui, pourquoi ne donne-t-il plus de nouvelles ? Est-il mort ? Si oui, dans quelles circonstances et où a-t-il été enterré ?
Une mission qui s’annonce difficile d’autant plus que les dernières informations qu’elle a de son frère datent de plusieurs mois…
Elle contacte une amie de longue date, Viviane, mariée à un médecin et qui vit à Johannesburg depuis dix ans. Cette dernière a accepté de l’héberger pendant son séjour.
Ce sera le point de départ de son enquête
Dans l’inventaire du patrimoine culturel et littéraire congolais, on déplore régulièrement des lacunes pour ce qui est de certains terroirs comme le Nord-Kivu, davantage connu, hélas !, comme l’un des principaux théâtres d’insécurité et de conflits armés en RDC. Les richesses dont regorgent le sol et le sous-sol de cette province ne sont pas étrangères à ses malheurs récurrents. Pour faire connaître et reconnaître leurs talents, les artistes de cette région se voient ainsi souvent obligés d’aller fourbir leurs armes soit à Kisangani, soit à Bukavu ou alors dans la capitale, à Kinshasa. Pierre Mumbere Mujomba, évoluant aujourd’hui aux USA, est l’un des rares natifs du coin à s’être fait un nom dans la fratrie des écrivains congolais. C’est un grand plaisir pour moi d’avoir mis la main sur Mathe Kisughu, dont la ferveur pour les belles-lettres semble insatiable. Cerise sur le gâteau, c’est un touche-à-tout ; tant mieux ! Diamant brut aujourd’hui, demain peut-être joyau dans l’écrin national, pourvu qu’il ne s’endort point sur les lauriers glanés dans des concours au pays et à l’étranger.
Le volume parcouru, le lecteur interpellé, pris à partie ou au dépourvu, aura absolument à se soumettre à l’exercice d’inventaire. En effet, de but en blanc ou subtilement, au détour d’un bon nombre de textes réunis dans cet ouvrage, une interrogation jaillit telle une gifle : 
« Qu’attendez-vous qu’on vous dise encore ? ». La question fuse au travers de la frondaison de mots et des sentiments que ceux-ci expriment, à l’aune des talents de chaque auteure. Les cibles, on le devine aisément, ce sont indistinctement tous ceux qui se sont accaparé du ministère de la parole. Et qui, depuis des lustres jouent à la mouche du coche, donnent l’impression de s’activer au four et au moulin, alors qu’en réalité cela fait des lustres que nous tournons en rond, comme des pitoyables bourricots. Pourtant, que d’expertises n’a-t-on pas commandées ; que de résolutions n’a-t-on pas prises ! En vain. Le moment n’est-il pas venu pour les responsables de l’inertie et de la déconfiture nationales de passer enfin la main ? Le moment n’est-il pas venu d’oser nous tourner vers d’autres lumières, d’accepter d’écouter d’autres voix, notamment celles qui jusqu’ici étaient dédaignées, reléguées au placard des décors ? Les auteures de cette anthologie, quinze au total, n’ont rien en commun avec ces femmes qui pérorent à longueur des journées et s’affichent dans les médias chauds afin de donner leur voix à la partition écrite pour elles par d’autres. Elles ne veulent plus, par ailleurs, revêtir la camisole de force dans laquelle veulent les maintenir les partisans (intéressés) de certaines coutumes et des discours faussement émancipatoires. 
Aucune thématique n’a été imposée. Le projet consistait tout simplement à proposer une tribune d’expression libre, conscients que nous étions, au niveau des Editions du Pangolin, du peu d’opportunités accordées à la femme congolaise pour dire son mot dans les débats sur les affaires publiques de son pays, comme si elle n’était pas citoyenne à part entière. Et même dans cette démarche, nous avons dû batailler ferme, courtiser, harceler certaines, essuyer le refus poli d’autres, rencontrer la suspicion auprès de celles qui n’ont pas hésité de nous prêter de viles intentions. 
La moisson est heureusement abondante ; nous avons même été obligés de réserver pour une prochaine édition d’autres contributions reçues qui ne pouvaient pas trouver place dans le format de cette collection que nous inaugurons avec ce volume. 
Voici donc un florilège des paroles fortes, dites avec verve, sans complexe ni fioritures. Les auteures revisitent tous les clichés faciles accolés à leur sexe, tordent le cou à moult préjugés sociaux, se démarquent de discours unanimistes, et clament de réécrire comme elles l’entendent leur histoire, d’assumer seules leur destin, sans le besoin de qui que ce soit, en tous les cas pas celui des faire-valoir ni des porte-paroles patentés. Et nous préviennent surtout qu’il va falloir dorénavant compter avec elles… 

 
Comme bon nombre d’auteurs ayant trempé leur première plume dans l’encre magique du monde des écrits et des illustrations, j’ai dû faire preuve d’une grande patience avant ce que l’éclosion de mon imagination créatrice fasse en sorte que je réalise avec tant de joie cette première œuvre intitulée « Ndakisa ».
De ce fait, je ne saurais tout vous dévoiler d’un coup au péril de perdre votre précieuse concentration au fil de ma petite histoire. Mais, par contre, je me résumerais en disant qu’il s’agit en grande partie des évènements qui marquèrent ma jeunesse, ma vision d’utopiste désireux de découvrir le monde et sa nature, tant dans son aspect concret qu’invisible.
Ainsi donc, je vous laisse découvrir cette introduction, faisant office d’ouverture à l’aventure de ce jeune garçon nommé Ndakisa, qui avant son départ, décida d’écrire une dernière lettre nostalgique destinée à sa bien-aimée. Celle-ci a mystérieusement disparu dans une dimension inconnue, aspirée vers un aller sans-retour.
Sur ce, permettez-moi de vous souhaiter une très bonne lecture
Chacun d’entre nous est placé en un endroit précis qui est le mieux adapté à ce qu’il doit vivre comme expérience de la vie. Et quand cet environnement s’avère difficile, il peut toujours essayer de rectifier le tir. Décliner une expérience, la repousser, c’est refuser de prendre les rênes de sa vie. C’est la laisser évoluer au grès des vagues et des turbulences de l’existence. Tout ou tard, on en paie les conséquences. Face aux aléas de ma vie, plusieurs options se présentaient à moi. J’avais choisi de « me retirer» en rentrant me ressourcer dans mon pays d’origine. D’autres, à ma place, auraient choisi des options différentes. Le plus important reste de savoir ce que l’on veut faire de sa vie. Pour moi, ce retrait se devait être temporaire. Il ne devait en aucun cas être synonyme de consternation. Au contraire, il devait être un énergisant face aux challenges et défis qui m’attendaient. Il impliquait de prendre des décisions, de faire des choix pour bien nager dans ce flot qu’est la vie
Le soleil, la chaleur, la semaine qu’il faut solder en cris, en musiques, en danses, avec les vapeurs et les odeurs de toutes ces viandes trop épicées pour mieux masquer leur état de décomposition, ces viandes qu’on grille à la braise fumante et qu’on avale en renfort d’hectolitres d’alcool ingurgités afin de tenir debout jusqu’aux petites heures du matin, comme stipulé dans le cahier des charges de tout ambianceur qui se respecte! Sans oublier, cela va de soi, ces autres viandes en manque, ces bises en accordéon pour appâter les bites en turgescence ou en tuméfaction qui s’hexibent sans gêne. Et pour booster toute cette faune, la pombe-masanga! On ne remerciera jamais assez, dans cette ville, dans ce pays, les colons et nokos belges qui ont inventé et légué à leurs pupilles congolais ce nectar baptisé bière qui concentre en lui toutes les vertus de l’indépendance et de l’ambiance!